Le synode sur la « synodalité » : un désir de refondation
Le synode sur la « synodalité » : un désir de refondation

Le synode sur la « synodalité » : un désir de refondation

Voici le lien pour accéder à  la synthèse des contributions rédigée par l'équipe du diocèse en charge du synode sur la synodalité.

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Synthétiser la synthèse des contributions à la démarche synodale entreprise à l’automne 2021 peut sembler une gageure tant les débats en groupes ont été riches, houleux parfois et donc la synthèse déjà difficile à écrire. Pourtant, trois axes de réflexion ressortent significativement des contributions, indiquant la direction à prendre pour aller vers une Église plus synodale et mieux transmettre l’Évangile.
1. Donner un visage fraternel et invitant à l’Église : que nous soyons guidés par la Parole de Dieu pour être inclusifs et en prise directe avec le monde. Il s’agit ici de développer nos capacités d’ouverture, d’accueil et d’écoute. Cela suppose tout d’abord, à titre déjà individuel, de vivre concrètement l’Evangile et d’en tirer les conséquences dans nos comportements au quotidien. Mais cela ne suffira pas, car aujourd’hui, l’Église est perçue comme donneuse de leçons plutôt qu’accompagnatrice, loin des préoccupations et de la vie des gens, à la manière d’un club d’initiés. Il est significatif que, dans les vicissitudes des temps actuels -et ceci contrairement à ce qui se pratiquait encore jusqu’au début du 20ème siècle-, la « société civile » ne fasse plus appel à l’Eglise pour trouver des solutions aux défis du monde moderne. L’Église doit donc « parler plus fort » pour faire entendre sa voix et inversement mieux écouter la « clameur du monde ». Il y a du positif, par exemple dans l’accueil des divorcés-remariés, des situations familiales « complexes ». Il faudrait donc généraliser ce type d’approche et surtout « surmonter ce complexe du catho qui a peur d’aller à la rencontre des autres » … Il s’agirait aussi de mettre un mouchoir sur nos « querelles de clochers » et d’avancer résolument vers l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Au détour d’une phrase, un contributeur témoigne : « mon épouse [musulmane] me parle de Jésus comme aucun chrétien ne l’a fait »
2. Travailler nos modes d’expression et montrer ainsi le visage d’une Eglise qui transpire la fraternité : bref, « donner envie ». Il ne s’agirait en fait rien moins que de retrouver l’élan des premières communautés ecclésiales. Aller aux périphéries et vivre la solidarité en actes est une manière essentielle de marcher en Église, ceci non seulement pour y annoncer l’Évangile mais aussi pour apprendre d’elles, comme dans un miroir, en quoi le Message résonne encore aujourd’hui comme une Bonne Nouvelle. Cette posture devrait aussi se retrouver dans nos célébrations et la liturgie.
3. Revoir nos fonctionnements au service de la mission, notamment par le renforcement des structures de coresponsabilité entre prêtres et laïcs : « que la parole soit donnée au peuple de Dieu » martèle un contributeur. Une demande forte est donc de lutter contre le cléricalisme à tous niveaux, du fait des prêtres et aussi parfois des laïcs… La question du célibat des prêtres est présente dans de nombreuses contributions. Sur le même registre iconoclaste, il est parfois souhaité de séparer pouvoir de gouvernement et ordre sacré. Plusieurs relèvent une « lourdeur et une raideur de l’institution », qui provoquent « une coupure entre l’organisation ecclésiale et la réalité du monde d’aujourd’hui ». La structure perçue comme pyramidale de l’Église est mise en cause : « l’Esprit Saint ne soufflerait-il que sur les ministres ordonnés ? ». L’Eglise actuelle donne parfois l’impression que certains sont devant, décident et conduisent, alors que les autres suivent derrière comme des moutons », surtout les femmes dont la place dans les instances managériales n’est pas à la mesure de la contribution apportée. Il est ainsi mentionné régulièrement le désir de voir des femmes accéder plus souvent aux responsabilités de gouvernance. Pour trouver le bon modèle, il faut, selon certains, se poser la question : « quelle culture du débat avons-nous ? Il est souhaité que le débat soit favorisé bien plus qu’aujourd’hui pour discerner la volonté de Dieu en termes d’annonce et d’actions.

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On le voit, vivre la « synodalité » supposera des transformations profondes. Il s’agirait, aux dires de l’équipe en charge de la synthèse, rien moins que de chercher à sentir et rêver le monde. En faisant Corps du Christ nous pourrions utiliser :
- Nos yeux pour voir et contempler ce qui est donné à vivre et ce qui va advenir en partant des expériences des uns et des autres ;
- Nos oreilles pour nous mettre à l’écoute de nos contemporains ;
- Notre bouche pour prendre la parole et relayer fidèlement celle de Dieu, afin que les hommes (et les femmes) de bonne volonté se reconnaissent dans une Église rénovée ;
- Nos mains pour accueillir, agir, servir, prier dans un esprit fraternel comme Jésus nous y invite ;
- Notre nez, enfin, pour sentir ce qui se passe, ce qui est bon, ce qui est souhaitable, pour prendre le bon chemin, discerner et choisir tous ensemble la voie à suivre.
Et l’équipe d’espérer qu’il suffit peut-être pour cela d’instiller dans nos débats deux trésors : l’unité et la joie. Alors prions l’Esprit Saint afin qu’il en soit ainsi !